DNA: Enquête sur un ex-ministre présumé tortionnaire
2010/05/03
L’histoire a défrayé la chronique au mois d’octobre 2009/
Le président du MSP et ancien ministre d’Etat, Bouguerra Soltani, est cité au cœur d’une affaire de torture présumée sur la personne du journaliste écrivain algérien, Anouar Malek. Réfugié politique en France, Malek, 37 ans, accuse Soltani d’avoir supervisé une séance de torture qui se serait déroulée dans la caserne de Châteauneuf, à Alger, le vendredi 1er juillet 2005. Anouar Malek porte plainte auprès du comité international contre la torture, une organisation dépendant de l’ONU, le 17 juillet 2009.
Alerté dés vendredi 16 Octobre d’une éventuelle arrestation ou comparution, Soltani quitte précipitamment la Suisse pour rentrer en Algérie. Interrogé par la presse, le responsable islamiste nie l’existence de cette affaire et affirme être rentrée en urgence à Alger pour cause d’engagements personnels. « Je ne connais pas ce Anouar Malek du tout, indique-t-il. Ce n’est pas normal qu’il m’accuse alors que je ne le connais pas.» Anouar Malek a-t-il inventé cette histoire ? Anouar Malek et Bouguera Soltani se connaissaient-ils vraiment ? Qu’a donc fait le journaliste pour provoquer la colère de Soltani ? Ce dernier a-t-il réellement torturé le journaliste ? Anouar Malek est-il un fabulateur ou une vraie victime de Soltani ?
Cette affaire prend ses origines en 1998. Anouar Malek, officier militaire au commissariat politique au ministère de la Défense nationale, est chargé par ses supérieurs de mener une enquête sur ces Algériens qui avaient rejoint l’Afghanistan au cours des années 1980 pour combattre aux côtés des moudjahidines afghans. Durant cette décennie, quelques 3000 à 4000 jeunes avaient réussi à gagner cette contrée d’Asie envahie en 1979 par l’armée soviétique. Sur ce contingent d’Algériens, un millier avait rallié la Tchétchénie et autre un millier a pu revenir en Algérie pour activer dans les maquis islamistes de l’AIS et du GIA. C’est donc ce millier de revenants qui intéressait particulièrement les stratèges du ministère. Avant d’entrer dans le vif du sujet, précisons deux ou trois choses. Cette enquête réalisée par Anouar Malek en 1998, DNA n’a pas pu la consulter. Malgré notre insistance, l’auteur n’a pas pu nous confier son contenu dans la mesure où il affirme n’être plus en possession de ce document. Notre article repose d’abord sur la bonne foi de l’ex-officier du MDN. Faut-il en douter? Il ne nous appartient pas de la juger, mais d’en rendre compte.
Enquête sur la filière afghane dirigée par des islamistes algériens
Cette enquête élaborée au profit du ministère de la Défense visait principalement les jeunes originaires de la wilaya de Tébessa, à l’extrême est d’Algérie. Au cours des années 1980, pas moins de 15 personnes natives de cette région ont pu quitter le pays pour mener la guerre sainte aux côtés des Afghans, selon les estimations fournies par Anouar Malek. Derrière cette filière afghane, il y avait des dirigeants islamistes algériens qui travaillaient en étroite collaboration avec des Tunisiens, Palestiniens, Egyptiens, Saoudiens et Afghans. Le circuit emprunté par ces volontaires était compliqué. Pour faire court et simple, résumons les choses ainsi. Une fois endoctrinés dans les mosquées algériennes, les candidats au djihad sont pris en charge par des réseaux qui assuraient toute la logistique, visas, billets, argent, nourritures, hébergement etc…. D’Algérie, ils gagnaient donc l’Arabie Saoudite via la Tunisie. Une fois sur place, certains étaient inscrits dans des écoles ou des instituts islamiques, financés par le régime wahabite, allié et pourvoyeur des moudjahidines afghans en lutte contre l’envahisseur communiste. En Arabie Saoudite, les Algériens qui n’étaient pas admis dans ces écoles coraniques étaient acheminés vers des camps où ils subissaient des entrainements militaires avant de gagner plus tard le Pakistan. Au Pakistan, certains étaient admis à l’université des Talibans à Peshawar, d’autres orientés vers le travail humanitaire tandis que les plus aguerris étaient envoyés directement dans les zones de combats. En revanche, tous étaient pris en charge par le Makteb Al Khadamat, le bureau des volontaires arabes, créé en 1984 par le palestinien Abdullah Azzam, figure de proue de l’islamisme international, mort dans un attentat en 1989. Parmi ces légionnaires partis de Tébessa, figure un certain Rachid Ramda. Ancien émir du GIA installé à Londres au milieu des années 1990, Ramda a été jugé en appel en France en octobre 2009 et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation aux attentats de Paris de 1995.
Dans une vie antérieure, Rachid Ramda vivait en Algérie. Anouar Malek et Rachid Ramda sont de vieilles connaissances. Des amis d’enfance pour ainsi dire. Originaires de la commune de Chréa, à Tébessa, ces deux là habitaient la même cité, « Hay cité nouvelle », et fréquentaient les mêmes bancs du collège « Al Qadima », aujourd’hui dénommé « Tarik Thlidjane ». Aussi, c’est en fin connaisseur de cette localité que l’ex- officier Anouar Malek a entrepris ses investigations sur cette fameuse filière afghane. Ses investigations le mènent presque naturellement à s’intéresser au parcours de son ancien ami de quartier.
Rachid Ramda journaliste à Peshawar et futur émir du GIA
Quand il quitte Tebessa en 1989, Rachid Ramda débarque à Peshawar. Après avoir travaillé dans le caritatif, il est recruté comme journaliste au sein de la radio « Saout el Moudjadine » ainsi qu’au mensuel « Al Moudjahidoune », un magazine consacré au combattants afghans. Prélude à sa carrière de rédacteur en chef du journal Al Ansar, l’organe officiel du GIA édité à Londres dans les années 1990 ? Sans doute…Si Rachid Ramda et ses camarades de Tebessa, d’Alger, d’Oran, de Medéa ne connaissant absolument rien de l’Afghanistan, ils devaient forcément bénéficier de réseaux solidement implantés en Algérie. Oui mais qui en Algérie étaient chargés de cette mission ?
Publiquement, un nom revient sur toutes les lèvres. Celui de l’ancien président du MSP, ex-mouvement Hamas, Mahfoud Nahnah, fondateur de l’association Al Islah Oual Irchad. Lui n’a jamais fait mystère de son implication dans le recrutement de ces Algériens envoyés pour faire la guerre aux côtés des Afghans. Jusqu’au début des années 1990, époque bénie pour l’islamisme algérien, Nahnah revendiquait ouvertement son soutien et son appui à la cause afghane. Il était même fréquent de voir des militants de Hamas arborer les portraits d’Abdullah Azzam dans les meetings animés par Cheikh Nahnah ainsi que par d’autres responsables de son parti. Si le rôle de Nahnah est notoirement public, celui d’un autre ponte du parti l’est moins. Il s’agit de Bouguerra Soltani, actuel président du MSP, ancien ministre d’Etat, ex- ministre du travail et de la protection sociale.
Revenons à l’enquête d’Anouar Malek. Dans ce document d’une cinquantaine de pages réalisé par l’ex-officier du MDN consacré à la filière afghane mise en place par des responsables algériens, deux noms apparaissent : il s’agit de celui de Bouguerra Soltani et de Farid Achi. Farid Achi, alias Abou raihana, connaitra un destin moins glorieux. Emir du GIA, il a été abattu par les services de sécurité algériens, probablement à l’été 1996 au cours d’une embuscade tendue contre le chef du GIA de l’époque, Djamel Zitouni dont Farid Achi était un des lieutenants.
Bouguerra Soltani le père spirituel de Rachid Ramda ?
Au courant des années 80, Soltani et Achi avaient leur quartier général à Constantine. Le premier officiait comme imam dans une mosquée du quartier de Sidi Mabrouk et enseignait la littérature arabe à l’université de Constantine. Quant au second, il était à la fois prédicateur et trabendiste dans la même localité. Militants actifs de la cause islamiste, faisaient-ils partie de cette nébuleuse qui endoctrinait et embrigadaient les futurs volontaires pour le Djihad ? Soltani connaissait-il Rachid Ramda ? Avait-il un lien avec lui ? L’a-t-il d’une manière ou d’autre approché dans le but de l’envoyer à Peshawar ?
Dans son rapport de 50 pages, Anouar Malek est catégorique : Boudjerra Soltani a été déterminant dans le voyage que Rachid Ramda a effectué au Pakistan en 1989. Comment ? « D’abord les deux hommes se connaissaient, étant originaires de la même commune, Chréa à Tébessa. Ramda rendait régulièrement visite à Soltani à ses domiciles à Tebessa et à Constantine et fréquentait également la mosquée ou l’ex-ministre conduisait les prières et délivrait des prêches, soutient Anouar Malek. Rachid Ramda avait même de l’admiration pour Cheikh Bouguera et rêvait de faire une carrière similaire dans la prédication. » A son copain de quartier et de collège, Ramda affirmait que Soltani était son père spirituel et n’admettait mal que l’on puisse critiquer ce tribun qui manie le verbe comme d’autres manient le sabre. « Lorsque Ramda a décidé de faire le voyage vers le Pakistan, son paternel, Ali Ramda, qui tenait une boutique d’herboriste, n’était pas au courant, raconte encore Anouar Malek. Pour ne pas éveiller les craintes et les soupçons de son père et le rassurer sur ses bonnes intentions, le jeune homme avait exhibé une attestation de scolarité prétendument délivrée par un institut coranique à Biskra. » Qui a donc aidé Rachid Ramda à obtenir un tel document ? Anouar Malek pointe du doigt une personne : Bouguerra Soltani. L’ex -officier affirme avoir eu entre les mains cette attestation datée de 1989. Ramda l’avait laissée à l’un de ses amis, un certain Zerfaoui Boubekeur. Infirmier à Chréa à l’époque, Zerfaoui avait rejoint les rangs du GIA avant d’être abattu en 1994. Anouar Malek affirme encore que cette attestation de scolarité est un faux. « Je me suis rendu en 1998 à Biskra pour enquêter sur la prétendue scolarité de Ramda, dit-il, mais je n’ai pas trouvé la moindre inscription au nom de Rachid Ramda dans les registres de 1987, 1988 et 1989. Comment Ramda pouvait-il être scolarisé à Biskra alors que quelques mois après son départ d’Algérie en été 1989, il avait déjà envoyé une lettre à ses parents à partir d’Arabie Saoudite les informant qu’il poursuit des études dans une école coranique ? Cette attestation est une couverture pour tromper la vigilance de son père. »
Quand Soltani se rend au Pakistan pour un reportage
Le Pakistan n’est pas une destination inconnue pour Bouguerra Soltani. Ce dernier s’y est rendu dans le courant de l’année 1990 en qualité de journaliste pour le compte d’une revue intitulée « Attadamoune» dont Soltani était directeur de la publication. Il y a rencontré des responsables de la guérilla afghane et s’est pris en photos avec des afghans algériens, photos qui ont été publiées dans cette revue. Anouar Malek certifie avoir vu les photos de Soltani en kamis à l’université « Adaawa wal djihad » à Peshawar. D’ailleurs, dans un entretien accordé au quotidien arabophone El Khabar en date du 5 février 2009, Boudjerra confirme avoir voyagé au Pakistan pour le compte de ce journal dont il était responsable. Comment Anouar Malek a-t-il pu accéder à ces informations ? Il refuse de s’attarder sur le sujet, mais cite tout de même les témoignages de deux jeunes algériens, Mourad H. et Maalam S., natifs de Tebessa. Le premier s’est rendu à Peshawar en 1989 pour y rester 5 mois avant de revenir au pays. Le second s’est entrainé dans un camp dans la banlieue de la Mecque, en Arabie Saoudite pendant 3 mois. Ces deux comparses, soutient Anouar Malek, connaissaient Soltani personnellement. « Ils sont été recrutés par Soltani, affirme Anouar. Je l’ai consigné dans mon rapport que j’avais remis à mes supérieurs au MDN. »
Son enquête achevée, Anouar Malek remet son rapport à ses supérieurs à l’automne 1998 avant de se consacrer à d’autres activités. Quelques mois plus tard, il rencontre inopportunément Bouguerra Soltani, à l’aéroport de Tebessa. Ce dernier l’aurait apostrophé en ces termes. «Tu veux me mouiller dans des affaires liées au terrorisme et à l’Afghanistan, m’a-t-il d’un ton menaçant. Il m’a également indiqué qu’il possédait une copie du rapport que j’avais transmis au MDN. Soltani m’a averti par ailleurs que je paierais cher mon travail.»
Le temps passe. Mis en congé en mars-avril 1999 du MDN, Anouar Malek se consacre au journalisme et collabore à plusieurs publications. En 2001, il tente de se rendre à l’étranger, via la Tunisie, munis de faux papiers. Arrêté, il purge un mois de prison. Libéré, il reprend ses activités journalistiques jusqu’à cette nuit du 29 juin 2005. Interpellé par une équipe de gendarme, il est conduit à la brigade de Benis-Messous. « Ils ont fouillé mon domicile de fonds en comble. Dans la brigade, j’ai subi un passage à tabac en règle. Le 1er juillet, ils m’ont transféré vers une cellule du commissariat de Châteauneuf. »
Supplice du chiffon, électricité et torture au trounevis
C’est ici, affirme le journaliste, que ses déboires avec Bouguerra Soltani commencent. Les détails sont trop précis, trop étayés pour les prendre à la légère. « Après m’avoir attaché à un banc, je vois Soltani entrer dans la cellule avec lui deux personnes en costumes. Lui portrait un costumé d’été. Dans la cellule, il y avait aussi trois policiers. Soltani me dit «Tu as vu comment ton heure est venue ? ». Il m’accuse d’être un terroriste et d’être de connivence avec des responsables du MSP qui complotent pour le déstabiliser. Il me dit aussi «Tu as voulu me mouiller dans une affaire avec Al Qaïda, maintenant c’est toi qui est accusé d’activité terroriste. » La séance dure pendant deux heures ou peut être plus… Ils ne m’ont rien épargné. Supplice du chiffon, absorption d’eaux usées, décharges électriques sur le ventre, les pieds et les mains, des torsions des pieds en vue de les casser, un tournevis a même été introduit dans une cicatrice récente sur mon pied droit. Pendant ce temps là, Soltani était assis sur un fauteuil, encourageant les policiers à redoubler les sévices. A bord de l’évanouissement, je pleurais et je gémissais. Soltani me tend alors son pied et me demande de l’embrasser si je voulais avoir la vie sauve. Je lui ai craché dessus en lui disant : « Quand j’étais militaire toi tu étais un terroriste qui recrutait des jeunes pour l’Afghanistan.. » Au bout de deux heures qui ont duré une éternité, ils m’ont tendu des papiers à signer. Certains documents étaient rédigés en arabe, d’autres feuilles étaient vierges. J’ai signé. Soltani prend les papiers sous le bras et quitte la salle. Plus tard ils m’ont ramené à Beni- Messous. »
Le 4 juillet 2005, Anouar Malek est présenté devant le procureur de la République, puis devant le juge d’instruction. Ce dernier lui met sous le nez un dossier qui l’implique dans des activités terroristes. Mandat de dépôt à la prison d’El harrach. Le journaliste y passe 8 mois. Le 21 juin, il passe devant les juges. Il est condamné à une année de prison dans une affaire de possession de drogue. Exit les charges liées aux prétendues activités terroristes. Le 4 juillet, Anouar Malek est libre. Le 5 décembre 2005, il gagne la France clandestinement et demande l’asile politique. Depuis, il n’a de cesse de confondre Bouguerra Soltani sur cette présumée affaire de tortures.
Les incohérences du Mr. Soltani.
Un ex-ministre d’Etat, chef d’un parti islamiste membre de l’alliance présidentielle, présumé tortionnaire ? Ben voyons ! Ce sont des élucubrations du journaliste Anouar Malek, réfugié en France, en mal de notoriété. Un ex-ministre objet d’une plainte pour torture présumé déposée auprès d’un tribunal de Fribourg, en Suisse, par ce même journaliste? Mais non, ce sont des fadaises. Un ex-ministre d’Etat, obligé de fuir la Suisse pour échapper à une audition devant un juge d’instruction suisse? De la pure médisance. A entendre les explications fournies par Bouguerra Soltani concernant cette plainte en Suisse on reste perplexe. Non, Bougerra ne connait pas le citoyen Anouar Malek, non il n’y a pas eu dépôt de plaine, non il n’a jamais fui la Suisse pour échapper à cette plainte déposée par Anouar Malek. Ni plainte, ni torture, ni fuite, que des hallucinations…
Fort bien. Suivant un principe intangible pour tout justiciable, Bouguerra Soltani est innocent jusqu’à preuve de sa culpabilité. Examinons donc la ligne de défense adoptée par le président du MSP dans le cadre de cette affaire. On y peut déceler des failles, des incohérences, des contre-vérités. Passons sur les arguments plutôt légers qu’il développe faisant état d’un complot intérieur et extérieur pour nuire à sa personne, déstabiliser son parti et porter atteinte aux institutions de la République. Tenons-nous aux faits.
Primo. Bouguera Soltani affirme ne pas connaitre Anouar Malek, l’homme qui l’accuse de tortures sur sa personne le vendredi 1 juillet 2005 à la caserne de Châteauneuf à Alger. Or le témoignage d’Anouar Malek est trop précis, trop détaillé, trop étayé pour être le fruit de son imagination. Anouar Malek affirme à DNA que Soltani était présent ce vendredi 1er juillet dans la cellule où il a été torturé. Anouar Malek affirme aussi qu’il connait Soltani de longue date dans la mesure où les deux hommes sont issus de la même commune, Chréa, à Tébessa. Il affirme également avoir eu une altercation avec ce ministre à l’aéroport de Tébessa en 1999. Surtout, Anouar Malek fournit des détails circonstanciés sur les raisons pour lesquelles il a eu maille à partir avec Bouguerra Soltani. Lesquels ? Anouar Malek a réalisé en 1998 une enquête pour le compte du ministère de la Défense algérien sur les filières de recrutement de jeunes algériens pour l’Afghanistan, filière derrière dans lesquelles Soltani serait impliqué. Bien sûr, Anouar Malek précise qu’il n’a pas de pièces à convictions pour confondre son présumé tortionnaire. L’enquête qu’il a élaborée pour le MDN ? Il n’en possède plus de copie. Les seules preuves qu’il détient, explique-t-il, sont les stigmates physiques que cette séance de tortures ont laissées sur son corps. D’ailleurs, le médecin psychiatre qui l’avait ausculté le 12 octobre 2009 à Genève, à la demande du juge d’instruction de Fribourg, Jean-Luc Mooser, a confirmé à ce magistrat suisse que l’homme présente de graves séquelles physiques et psychologiques conséquent aux sévices qu’il a subis en Algérie.
Deuxio. En réfutant l’existence de cette plainte, notre ex-ministre nie l’évidence. Car il y’a bien eu une plainte de la part d’Anouar Malek. Ce dernier a déposé une première plainte le 17 juillet 2009 auprès du TRIAL, une ONG suisse dépendant de l’ONU. Cette ONG authentifie l’existence de cette plainte sur son site internet. Une seconde plainte a été introduite le 12 octobre 2009 auprès du juge d’instruction à Fribourg, Jean-Luc Mooser. Celui-ci confirme l’information à des journaux suisses. « J’ai tout de suite demandé au ministère suisse des Affaires étrangères (DFAE) si cette personne était couverte par l’immunité diplomatique. Le ministère m’a répondu deux jours plus tard que ce n’était pas le cas», a-t-il déclaré. Alors qui ment ? Le juge d’instruction Mooser ? Le Trial ? Anouar Malek ? Ou bien Bouguerra Soltani ?
Farid Alilat



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